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De la maturité de l’internaute et de son identité

Il ne se passe pas un jour sans que soit publié un livre blanc, un article, un site complet sur l’identité numérique et sa gestion, certains proposent même des sessions de coaching par mail !

Ayant la chance d’enseigner et de cotoyer des internautes de tous niveaux parmi mes clients et partenaires professionnels, je me rends compte que la notion d’identité numérique n’est familière qu’à ceux qui en ont le moins besoin, les internautes aguerris conscients de la difficulté à maîtriser la diffusion d’informations personnelles sur le net.

Ce qui est plutôt dommage, vous l’avouerez.

Si je ne désespère pas d’inculquer à mes élèves quelques notions de base, je suis assez pessimiste quant à la diffusion du concept d’identité numérique auprès des débutants. En effet, je suis intimement convaincue que le ‘besoin’ de maîtriser son image et son identité numérique apparait au fur et à mesure de l’acquisition d’une certaine maturité.

Maturité ‘tout court’ d’abord, quand je repense à l’un de mes étudiants agé de 22 ans qui m’avait asséné un « Ah mais moi, M’dame, si un recruteur y m’embauche pas parce qu’il a trouvé sur le oueb une photo que je fume de la beuh dessus, ben c’est que le boulot me correspondait pas ! » (sic). Et ça n’a rien à voir avec l’âge, je connais des gens très bien qui n’ont pas conscience d’être jugés sur l’image qu’ils renvoient et qui pensent encore que l’habit ne fait pas le moine.

Maturité par rapport à l’aspect technologique également, parce que quoi que nous en pensions, nous qui sommes ultra-connectés (et donc pas tout à fait représentatifs), les internautes utilisent essentiellement le web pour chatter, envoyer des emails, consulter Google comme on consulterait les Pages Jaunes et éventuellement, faire des tests débiles retrouver des amis sur Facebook.

La plupart des gens ne connaissent pas Twitter (si si, je vous assure), ne sont pas capables de différencier un article provenant d’un blog de celui d’un acteur de la presse en ligne et n’ont jamais cherché leur nom sur Google.

Ils ont débarqué sur le web avec une adresse email pas franchement glorieuse (ne riez pas, c’était quoi, vous, votre premier pseudo/email ?) et s’ils commencent à se rendre compte que non, vraiment, envoyer un CV depuis choupette42@hotmail.fr ou thecador75@yahoo.fr n’est pas une bonne idée, ils n’ont pas la moindre idée de comment obtenir une adresse prénom@nom.com et se contentent de créer une nouvelle adresse plus sérieuse.

C’est un peu un pareto, 20% des internautes en exploitent/font 80% du contenu… Et les 80% qui restent ont une profonde méconnaissance des rouages du web, de son fonctionnement technique, de sa ‘publicité’.  Ca n’est qu’après plusieurs mois/années, après avoir subi les aléas de cette méconnaissance et fait leur ‘expérience’ que les internautes sont prêts à appréhender le concept d’identité numérique.

Inculquer à un internaute débutant la notion d’identité numérique n’est pas inutile, bien au contraire, mais il est tout aussi important, à mon humble avis, de lui expliquer les bases (c’est quoi, un nom de domaine ? comment ça marche, un mail ? ca veut dire quoi, url ?…).

Et pourquoi pas de lui conseiller la lecture de la nétiquette qui, si elle a été rédigée bien avant l’apparition des réseaux sociaux et de Google, pose déjà les fondements d’un comportement respectueux et responsable en ligne.

3 Responsesto “De la maturité de l’internaute et de son identité”

  1. c’est tellement vrai. Bel article ;)

    Au fait, la traduction officiel d’url est « adresse réticulaire ».

  2. Sophie Gironi dit :

    Merci Nat !
    « Adresse réticulaire »… Comme c’est poétique :)

  3. C’est très vrai.

    D’ailleurs lors de l’évènement café des usages où nous allons présenter les usages faits par les personnes des réseaux sociaux, nous commençons par parler d’identité numérique.

    Y réfléchir est un préalable à l’engagement dans ses univers.

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