search
top

De la qualité du web pour tous

Je rebondis à une problématique soulevée hier soir à l’occasion de l’Open Coffee Sophia : « Y-a-t-il un marché pour un web de qualité ? ». Sous entendu ici, dans le sud, dans la province profonde, où il y a certes quelques grands comptes mais également (et surtout) un tissu économique local constitué de PME-PMI pas forcément très en avance par rapport au web.

Cette question, agences, indépendants, développeurs, référenceurs, créatifs et prestataires de tous poils se la posent régulièrement, confrontés à des clients porteurs d’un projet web pas forcément conscients des implications liés au web.

Qui n’a pas entendu, en proposant un devis déjà fort entamé par de longues négociations, un client affirmer que le neveu de sa secrétaire fait des sites internet lui-aussi et ferait le boulot en échange d’un iPhone/nouveau skate/place de concert/… ?

Dans ce contexte, il est difficile de trouver l’équilibre entre satisfaire un client au budget guère extensible et offrir une prestation professionnelle. Et cet objectif reste celui des différents intervenants qui se sont prononcés sur la question hier soir : faire du ‘web de qualité’, parce que c’est important pour le client, qu’il faut fidéliser, et parce que c’est l’image du prestataire qui est en jeu.

Or, faire du web de qualité a un coût.

Parce que non, ce n’est pas juste mettre un beau design sur un squelette technique (et quand bien même ce serait le cas, la création d’une identité visuelle obéit à des règles et ne saurait être confiée à un débutant) ; c’est aussi en concevoir l’architecture et l’ergonomie, après avoir pris la peine d’étudier les cibles, les concurrents et les objectifs du client, prévoir l’agencement et la hiérarchisation des contenus, anticiper sur les besoins en référencement, prévoir les différents indicateurs de performance qui seront mesurés dès la conception pour en faciliter le suivi…

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas entrain de dire qu’il faut une équipe de 12 personnes pour faire « du web de qualité » (quoi que…), mais il est clair que pour un prestataire honnête ambitionnant de répondre aux besoins de ses clients en créant LE site internet adéquat, il y a un peu plus de boulot que de coller un template chinois sur un Wordpress :)

Et ce travail là à un coût. Qu’il soit le travail d’une seule personne multi-compétences, capable de réaliser des ‘petits’ sites efficaces et bien conçus (j’en connais), ou d’une agence faisant intervenir plusieurs spécialistes, il doit être valorisé à sa juste valeur, pour ne pas justement la déprécier (et accessoirement permettre au prestataire de manger à sa faim).

C’est souvent là que le bât blesse. « 5.000€ pour un site web ? Mais j’ai juste besoin de 3 pages !!! »…. « Minimum 15.000€ pour un site marchand ??? Ca me coûte moins cher sur eBay ! »….

Alors quoi ? Qu’en conclure ?

Que les clients ‘du sud’, ou plus généralement les petits clients, ne sont pas encore assez murs et qu’il faut les laisser faire leur première expérience ailleurs avant de leur proposer des prestations professionnelles et efficaces (et forcément plus chères) ? Qu’ils vaut mieux les accompagner et les éduquer, quitte à investir du temps sur un potentiel qui ne viendra peut-être jamais ?

Je n’ai pas la réponse. J’ai choisi le camp de la pédagogie depuis longtemps, sans doute parce que mon métier repose sur le conseil et l’accompagnement, sans doute parce que l’enseignement influence mon comportement,  mais ce n’est peut-être pas viable sur le long terme ou pour des structures dont le seuil de rentabilité est plus élevé.

Et vous, qu’en pensez vous, y a-t’il un marché pour un web de qualité ?

--
Sur le même thème :

  1. Hadopi : le Conseil constitutionnel censure la riposte graduée | La Quadrature du Net
  2. De la banalisation du media internet
  3. Ipernity sera cotée à la Bourse de Paris aujourd’hui
  4. D’une préoccupation parentale

10 Responsesto “De la qualité du web pour tous”

  1. d'elia gill dit :

    Dans le Sud?

    houla, vaste débat, pour moi dans le sud, du moins la ou j’habite, c’est le retard complet.

    Pourtant je suis dans l’une des plus grandes villes du sud mais effectivement le nombre de PME-PMI tend à faire baisser le prix des prestations internets.
    En plus sachant que par chez moi ils ont un retard incalculable sur les concurrents cela fait très peur.

    Même le plus grand site de vente discount en ligne ( non je ne citerais personne ) n’a pas encore son community manager pour gérer la masse de personnes mécontentes…

    Bref attendons et observons, personnellement j’ai essayé la pedagogie mais la, je laisse la main.

  2. William dit :

    En tant qu’élève ingénieur, je sors tout juste de la période « petit neveu qui fait ça pour un iPhone »

    C’est un apriori qui, pour ces petites structures, est profondément ancré et ne changera que lorsqu’ils se seront cassés les dents
    Éventuellement, ça sera à cause du petit neveu qui ne pourra pas patcher le site à l’instant t pour cause de boom / poney / caté !

  3. Sophie Gironi dit :

    C’est au final un peu ce à quoi nos réflexions ont aboutis. Les entreprises qui débutent sur internet ont besoin de comprendre les limites des solutions ‘pas cher’ avant de passer à des solutions plus professionnelles.
    C’est juste dommage pour elles, parce qu’elles perdent un temps (et un argent) précieux et pour les professionnels, qui doivent redoubler d’effort pour que ces entreprises déçues par le web leur fassent confiance !

  4. Chris Masse dit :

    Sophie,

    « Y-a-t-il un marché pour un web de qualité ? »

    Parles-tu de:
    - Internet site building (creation de site Internet)?
    - Internet presence building (le marketing sur Internet)?
    - ou des deux?

    Ton billet m’a fait reflechir ce week-end, et je reviendrai ici pour poster un commentaire. Mais avant, je souhaiterai (quand tu auras le temps) que tu precises un peu… pour que mon future commentaire ne soit pas a cote de la plaque.

    [Quant a la reponse que tu fais a William ("attendre"), ca me semble pas etre la reponse marketing au probleme pose.]

    So, looking forward to your disambiguation.

    Soon,

    Chris

    P.S.: Je tape avec un clavier US, donc sorry pour le manque d’accents.

  5. Sophie Gironi dit :

    Hello Chris,
    Nous parlions essentiellement de qualité dans la création/developpement/refonte de sites internet.
    Nos annonceurs locaux n’en sont pas encore à se construire une audience, mais doivent déjà trouver le moyen d’investir le web…

  6. [...] De la qualité du web pour tous Qui n’a pas entendu, en proposant un devis déjà fort entamé par de longues négociations, un client affirmer que le neveu de sa secrétaire fait des sites Internet lui-aussi et ferait le boulot en échange d’un iPhone ? [...]

  7. J’ai trouvé la solution: éviter de travailler avec les PME, et précisé dès le début le tarif, sinon c’est une perte de temps, et le temps, c’est de l’argent.

    On fourni de la qualité, si les gens veulent de la qualité, cela a un prix. S’ils ne veulent pas le mettre, alors il faut mettre les voiles et chercher ailleurs.

  8. Sophie Gironi dit :

    Tout est question de positionnement, et certaines agences y arrivent.
    Mais c’est un pari risqué et s’il est assez facile de le prendre seul, un patron d’agence qui doit assurer le salaire de plusieurs personnes a parfois du mal à être aussi catégorique…

  9. Boris dit :

    Encore un article qui pleure sur le client qui ne sait pas choisir le bon produit trop cher pour lui.
    Pas si simple.
    Est-ce vraiment au client de s’adapter ?
    Est-ce ainsi que fonctionnent les marchés ?

    Vous proposez des sites « à la page » au niveau design et techno ; très bien.
    Mais qui peut dire dans seulement 3 ans si votre site ne sera pas désuet ??
    Allez alors expliquer au client qui a laché 5000 € il y a 3 ans qu’il doit tout recommencer … Ca risque de coincer.

  10. Fabien Thomas dit :

    @boris : d’Où l’intérêt de choisir un prestataire qui saura proposer une solution évolutive et non fermée, qui pourra facilement s’adapter aux standards et tendances à venir, et pour le prix, il y a toujours la solution CMS Open Source (Wordpress, drupal, joomla… la liste est longue) qui économise les frais de développement, il reste toujours des frais de design/mise en page/dev exclusifs, mais la facture s’en retrouve réduite de moitié(au moins).

    Ceux pour qui la Solution CMS OS ne serait pas applicable, sont en général des clients avec des besoins vraiment spécifiques, et qui normalement ont le budget, si ce n’est pas le cas, à par une adaptation au marché de la part du client, je ne vois pas de solution.

    Bonne journée

    Fabien Thomas

Leave a Reply

top